[ interviews ] Cdiscount, une réussite qui ne s'est pas faite par hasard

L’entreprise française de grande distribution en ligne fête ses 20 ans. La petite start-up bordelaise fondée en 1998 est devenue le leader du e-commerce en France, avec 3,4 milliards de volume d’affaire et 20 millions de visiteurs uniques par mois. Cette réussite ne s’est pas faite par hasard et, à cette occasion, Emmanuel Grenier, PDG de l’entreprise depuis 2008, raconte l’évolution de la marque, explique sa réussite et dévoile les axes stratégiques présents et à venir, pour satisfaire les consommateurs d’aujourd’hui et de demain.

publié le Lundi 26 Novembre 2018

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Cdiscount a déjà 20 ans, et vous avez été témoin et acteur de nombreuses transformations et évolutions au sein du groupe. Pouvez-vous revenir sur ces évolutions, faisant que la marque est ce qu’elle est aujourd’hui ?

À l’origine, Cdiscount est un commerçant qui voulait démocratiser l’accès au produit et au service, pour l’ensemble des Français. Nous n’avons pas perdu de vue cet ADN et les évolutions permanentes de l’entreprise en sont le reflet. Cdiscount a bouleversé les codes du retail pour répondre à une demande, à un moment où il le fallait. En 2004, nous nous sommes lancés sur le marché de l’électroménager alors que nous vendions initialement des biens techniques. C’était la première fois qu’un e-commerçant réussissait l’exploit logistique de livrer des machines à laver et des réfrigérateurs. Le groupe s’est ensuite ouvert à de nouveaux marchés en ligne, comme le meuble et la décoration en 2008. Et c’est en 2016 que nous nous sommes lancé dans le service avec Cdiscount Mobile, Cdiscount Energie, Cdiscount Voyage et la billetterie. L’objectif a toujours été le même : proposer l’offre la plus large possible, au meilleur prix. Et nous investissons sans cesse dans l’innovation pour rester performant...

Vous avez évoqué les secteurs de l’électroménager et du meuble. Pourquoi avoir pris un tel risque, alors que le pari de livrer ce type d’objets était risqué ?

Lorsqu’on s’est lancé dans l’électroménager, personne n’y croyait. Or c’est justement parce que c’est difficile qu’on y a été ! Ce secteur demande beaucoup d’investissement, car il faut livrer des produits lourds et encombrants, les faire réparer si nécessaire... Mais on l’a quand même fait, et ça a marché. On l’a lancé avec le click & collect alors que cette pra- tique n’existait pas, ce qui a encore plus révolutionné le marché. On a su répondre à une demande que nous avions détectée au préalable, et cela nous a permis d’obtenir 40% de part de marché sur ce secteur (selon le cabinet GFK). À présent, la catégorie du meuble et de la décoration a la part la plus importante, et a ainsi pris le dessus sur l’électroménager, qui a été numéro un pendant très longtemps. Cela participe activement à faire évoluer l’image de la marque, la féminiser et la rajeunir. C’est également un marché intéressant d’un point de vue économique, car la marge est plus élevée (même si on garde, comme toujours, des prix bien en-dessous du marché).

Le secteur du meuble étant désormais le plus important, comment allez-vous le développer et le mettre en avant sur votre plateforme ?

On commence à construire notre propre collection, Finlandek, composée de différentes gammes conçues par des designers en interne. Le marché étant structuré en tendances, notre vocation est de construire des collections capsules, avec des produits iconiques dans chacune des tendances du marché (scandinave, industrielle, campagnarde...). Pour nous, l’habitat est devenu une priorité dans la mesure où nous répondons à une demande forte des clients pour les équipements de la maison.

N’est-ce pas pourtant plus difficile de vendre un meuble en ligne, sans que le client puisse le voir, ni le toucher ?

En 2020, 50% de la population active sera digital native en France et dans le monde. Cette génération a complètement intégré le e-commerce dans ses habitudes de vie, et nous n’en sommes qu’au début. Les évolutions générationnelles nous emmènent dans un nouveau monde, même si on ne sait pas encore lequel. Et contrairement aux magasins, nous pouvons offrir une expérience client inédite. Par exemple, on utilise de plus en plus la réalité virtuelle pour présenter nos produits. Il est à présent possible de visualiser, sur son smartphone, le produit en le positionnant sur son appareil photo. Celui-ci est alors visible dans notre chambre, notre salon, notre cuisine...et le client peut parfaitement le percevoir chez lui, et non plus l’imaginer ! La 3D est également une innovation que nous développons, afin de voir le produit dans toutes ses dimensions. Pour l’instant, environ 2 000 produits sont concernés par ce service et Cdiscount investit massivement dans ces nouvelles technologies.

Au-delà du meuble et de l’électroménager, quel est votre axe stratégique global, visant à faire perdurer l’ADN de l’entreprise ?

Il y a 10 ans, tout l’enjeu résidait dans le fait qu’on soit un distributeur efficace sur Internet. Aujourd’hui, cela est dépassé et le passage à une logique de plateforme est primordial. Il faut créer un système capable d’interagir avec des partenaires, nos fournisseurs et nos clients. L’objectif est de mettre l’offre mondiale en relation avec la demande la plus large possible. Avec plus de 10 000 marchands situés dans 70 pays différents, dont 75% en Europe, la Marketplace Cdiscount représente 35% du volume d’affaires global de l’entreprise. Nous sommes une véritable vitrine nationale pour des TPE et PME régionales ! Cette Marketplace nous permet aussi de proposer de nombreux produits que l’on ne trouve nul part ailleurs et remplir tous les segments. L’entreprise compte poursuivre sa stratégie de développement B2C et B2B pour créer de la valeur non seulement pour les clients, mais aussi pour les partenaires. Les deux actifs majeurs de la plateforme que l’on pourrait retenir sont : la technologie, parce qu’on investit beaucoup dedans, et l’audience, car on a 20 millions de visiteurs uniques chaque mois.

Pour les années à venir, exprimez-vous la volonté de vous étendre à l’international, en Europe et au-delà ?

Cet été, nous avons déployé notre service de livraison directement depuis nos entrepôts dans quatre pays : l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et la Belgique. Nous proposons également une partie de notre offre à d’autres pays européens via des marketplaces partenaires. Notre objectif est de s’adresser au maximum de clients possibles, nous souhaitons nous étendre, et cela se fait déjà à travers la Marketplace qui attire les vendeurs internationaux de plus en plus nombreux. Cdiscount ambitionne aujourd’hui d’étendre son modèle en Europe en misant également sur un maillage de marketplaces européennes, composé de partenaires allemands, italiens, belges et espagnols et, ainsi, conquérir le continent.


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