Notre site Web utilise des cookies pour améliorer et personnaliser votre expérience et pour afficher des publicités (le cas échéant). Notre site Web peut également inclure des cookies de tiers tels que Google Adsense, Google Analytics, Youtube. En utilisant le site Web, vous consentez à l'utilisation de cookies. Nous avons mis à jour notre politique de confidentialité. Veuillez cliquer sur le bouton pour consulter notre politique de confidentialité.

Cauval se met au vert et ne fait pas semblant !

En France on n’a pas de matières premières, mais on a des idées. En témoigne l’initiative innovante du groupe Cauval qui vient d’inaugurer, sur son site de Flaviac (Ardèche), une unité de fabrication de mat&eacute

Après 75 ans de bons et loyaux services, l’usine de Flaviac, qui produisait des matelas de la marque Simmons, devait définitivement fermer ses portes, laissant sur le carreau près de 120 salariés. C’était il y a 3 ans. Elle renaît aujourd’hui de ses cendres en s’imposant comme le nouveau vaisseau amiral du groupe Cauval. Elle représente même « le projet d’avenir de l’entreprise », affirme Gilles Silberman, Vice-PDG de Cauval Industries. Le groupe, leader du marché, pèse 427 millions d’Euros (CA 2011) et emploie, au total, 4400 personnes. Re-baptisé Ecoval, le site de Flaviac, qui s’étend sur près de 8 000 m2 et compte désormais une soixantaine de salariés, a entièrement été restructuré pour devenir la première unité de fabrication au monde de matériaux éco-conçus destinés à l’industrie de la literie et du meuble et issus du recyclage de vieux matelas et canapés. Plus d’une vingtaine de brevets ont été déposés dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet d’envergure. Une restructuration qui a coûté la « coquette somme » de 8 millions d’€ (dont 5 millions d’€ de machines spécifiquement conçues pour cette nouvelle activité), alors que l’investissement initial avait été estimé à 3,2 millions d’€. « Lancer un tel outil a mobilisé des moyens financiers considérables alors que le marché était en crise et que le groupe était lui-même en pleine restructuration (procédure de sauvegarde, ndlr). Mais pour s’inscrire dans l’avenir, il faut savoir se remettre en cause et s’engager. La crise continuant, ce n’est qu’au travers de projets de cette nature qu’une entreprise comme la nôtre peut espérer trouver une perspective et une sortie au bout du tunnel », confie Gilles Silberman. Pour mener à bien cette renaissance du site de Flaviac, Cauval Industries a financé près de la moitié de l’investissement total en fonds propres. Pour le reste, il a bénéficié de divers soutiens financiers, provenant notamment de son partenaire industriel General Electric (€ 3 millions), des collectivités locales et de l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie).

Pas de matières premières, plus d’industrie du meuble en France !

Face à la flambée du prix des matières premières utilisées dans l’industrie du meuble et de la literie (dérivés du pétrole, acier, bois, coton), les industriels n’ont qu’une alternative : revoir leurs stratégies d’approvisionnement. « La plupart des pays fournisseurs de matières premières ont de plus en plus tendance à vouloir les conserver sur leurs territoires pour les transformer eux-mêmes sur place. Pour pouvoir maintenir une industrie en France, il est essentiel de créer de nouvelles matières premières de substitution. Ces nouveaux matériaux, et le nouveau savoir-faire que nous sommes en train de créer, constituent la base des industries de demain », insiste le vice-PDG de Cauval Industries. L’enjeu d’Ecoval, projet en gestation depuis 4 ans au sein du groupe, est donc double voire triple :

  1. assurer l’approvisionnement du groupe en matières premières respectueuses de l’environnement à des prix « maitrisés » qui ne risquent pas de flamber sous l’effet de la spéculation mondiale. Les nouveaux produits (matelas, canapés, meubles) qui seront fabriqués à base d’Ecogen, nom des matériaux éco-conçus sur le site d’Ecoval, ne seront pas commercialisés plus chers que les autres, les consommateurs étant prêts à acheter des articles s’inscrivant dans une démarche de développement durable si cet acte d’achat n’engendre pas pour eux un surcoût (la bonne conscience écologique des consommateurs a des limites, notamment celle de leur porte-monnaie…).
  2. offrir une solution de récupération, de démantèlement et de valorisation des literies, canapés et autres sommiers en fin de vie (de toutes marques): la grande majorité des vieux matelas était jusqu’à présent enfouie sous terre. Ecoval dispose dès à présent d’une capacité annuelle de traitement de 5000 tonnes de « déchets », dont 150 000 matelas. Tous les composants démantelés (mousse, latex, bois, textile, ressorts, etc.) sont réutilisés pour un nouveau cycle de vie. Même les petites poussières sont valorisées sous forme de briquettes utilisées pour le chauffage.
  3. anticiper le durcissement des réglementations : Directive Reach sur l’utilisation de composants chimiques, le Grenelle II de l’Environnement qui impose à la filière meuble un taux de 45% de recyclage et réutilisation des déchets d’ameublement domestique d’ici à 2015, la mise en place de l’éco-taxe sur le mobilier. «Les produits éco-conçus seront soumis à une éco-taxe réduite, nous bénéficierons d’une compétitivité supplémentaire par rapport à nos concurrents », souligne Gilles Silberman.

Ecoval : « Faire du neuf avec du vieux », le process

PROCESS ET ETAPES DE TRANSFORMATION ET FABRICATION MATERIAUX NOUVEAUX :

  • La collecte: Les produits réceptionnés proviennent de la collecte auprès de distributeurs avec lesquels le groupe Cauval a passé des accords, ou de déchetteries, ou de la filière de récolte qui doit être mise en place par l’organisme Eco-Mobilier, créé début 2012. Ces produits sont stockés à quelques kms de l’usine.
  • La désinfection: Deux chambres hermétiques de désinfection peuvent recevoir tous types de produits issus de l’ameublement. Le traitement d’une durée de 2 H 30 utilise un désinfectant élaboré par les laboratoires médicaux. Ce process a été validé par l’Institut Pasteur de Lille.
  • Le démantelèment/ démembrement: Les matelas sont découpés, les ressorts sont récupérés pour être réutilisés dans la fabrication de nouveaux matelas. Tous les produits d’ameublement désinfectés sont démantelés à 100 % et triés par famille de matières. Mousse, textile, ressorts, bois…
  • La granulation, l’effilochage et le broyage: Les mousses et latex passent dans un granulateur pour obtenir un granulat. Les textiles (dont les plateaux capitonnés) sont effilochés pour obtenir des fibres en forme de bourre. Les bois récupérés sont broyés pour obtenir des particules. Tous ces matériaux sont acheminés vers des box de stockage
  • La transformation: Les matières issues de l’étape précédente sont mélangées et pesées en fonction du produit final souhaité.Au cours de la phase de mélange, on peut introduire des produits antibactériens, anti-feu, anti-fongicide, selon la destination du produit. Une ultime évacuation des particules de métal est effectuée en automatique au cours de l’acheminement.
  • La fabrication des nappes: Le mélange passe au travers d’une nappeuse pour réaliser une nappe dont la densité et l’épaisseur varie selon les caractéristiques souhaitées. Cette nappe est ensuite acheminée vers un tunnel de cuisson à 190 °C.

A la sortie, le produit est refroidi par une calandre réfrigérée, asséché puis découpé aux dimensions souhaitées. Ces matériaux baptisés Ecogen sont prêts à être utilisés directement. Les résidus de découpe sont aspirés, broyés et réintroduits dans le process.

Les matériaux obtenus peuvent avoir plusieurs applications : Composants ou produits finis pour l’ameublement; Isolants thermiques et phoniques pour le secteur du bâtiment; Matelassures pour l’automobile; Panneaux en bois en vue d’une opération de thermoformage dans l’ameublement et autres : après compactage, les poussières émises lors du processus de valorisation pourront être réutilisées dans des produits de revêtements des chaussées.

Dunlopillo va donner le « La » du matelas 100% développement durable

Marque emblématique du groupe Cauval, c’est Dunlopillo qui lancera, en premier, une gamme de matelas issus de ce recyclage, qui comprendra, aussi, des matelas à base de fibres végétales (paille, herbe). Simmons lui emboitera ensuite le pas. Le site Ecoval fournira toutes les matières premières (y compris les ressorts, eux aussi recyclés et réutilisés dans de nouveaux matelas), les sites de Mantes-La-Jolie et Bar-sur-Aube assureront la fabrication des produits finis. Le coup d’envoi de cette nouvelle gamme est prévu en octobre, d’abord dans les magasins But, puis chez Conforama en novembre. L’hôtellerie manifeste elle aussi sa « fibre verte », le groupe Accor s’étant engagé auprès de Cauval à équiper avec cette nouvelle gamme une partie de ses hôtels. Dès la fin de l’année, l’usine Ecoval tournera donc pratiquement à plein régime. « Cette nouvelle activité devrait être profitable dès la première année, nous ne nous imaginions pas qu’autant de gros clients nous suivraient dès le départ. Le développement durable est un enjeu majeur, c’est l’avenir de notre groupe et du marché. C’est en réécrivant une histoire avec une véritable innovation et pas simplement du marketing de façade que des marques fortes comme Dunlopillo et Simmons peuvent espérer trouver une différenciation par rapport à d’autres acteurs qui n’offrent que du prix », conclut Gilles Silberman.

Le développement durable, un remède face à la crise ?

Le marché souffre, Cauval aussi. « 2011 a été très dure, le marché est catastrophique, nous avons enregistré une baisse de notre chiffre d’affaires comprise entre 7 et 10% » confie le vice-PDG de Cauval Industries. Selon lui, la literie, qui représente 60% du CA du groupe, devrait se stabiliser cette année, mais pas le marché du canapé, toujours aussi difficile. Gilles Silberman affiche néanmoins un optimisme prudent. « Grâce à notre nouvelle activité, nous devrions reprendre des parts de marché en 2013. Déjà, nous sommes en train de marquer des points, notamment en hôtellerie. Nous espérons beaucoup de ces nouveaux matériaux que nous produisons nous-mêmes : ils vont nous permettre de pallier au problème majeur que rencontre la profession : la hausse du prix des matières premières associée à la baisse des prix sur le marché due à la concurrence étrangère ». Cette nouvelle production de matériaux éco-conçus va également permettre au groupe d’étendre son champ d’action à d’autres secteurs d’activités, comme l’ameublement (panneaux de bois en vue d’une opération de thermoformage), le bâtiment (isolants thermiques et phoniques), l’automobile (matelassures), ou encore le génie civil (poussières réutilisées dans des produits de revêtements des chaussées).

But démontre son engagement

But a la fibre verte, et le prouve ! L’enseigne, qui sera la première, en octobre, à commercialiser la nouvelle gamme éco-conçue de Dunlopillo, s’inscrit comme un véritable partenaire du groupe Cauval dans sa démarche de développement durable et soutient concrètement son initiative. Elle a lancé, début juillet, une opération visant à inciter les consommateurs à rapporter en magasin leurs anciens matelas (destinés à approvisionner le site de Flaviac) moyennant un bon d’achat de 15 € ou 30 € à valoir sur une nouvelle literie. « C’est une fabuleuse opportunité d’avoir un vrai message différenciant sur le marché français. La force de But est de capitaliser sur les marques et de proposer exclusivement des matelas fabriqués en France. La démarche du groupe Cauval contribue à renforcer ce message de proximité vis-à-vis de nos clients et apporte une vraie nouveauté sur le marché », commente Régis Schultz, le PDG de But. Selon lui, l’atout de cette nouvelle gamme, outre son aspect environnemental (éco-conception et moindre impact du transport car fabriquée en France) est son bon rapport qualité-prix. « Le client n’est pas prêt à payer plus cher un produit « vert » ou Made in France, mais si vous êtes capable de lui offrir le même rapport qualité-prix, il va être intéressé par cette différenciation », conclut-il.

Par La Rédaction

Le magazine du pilote.

Articles qui peuvent aussi vous intéresser

×