Malgré un contexte économique incertain, l’UCEM – Union Commerciale pour l’Équipement Mobilier – affiche une certaine sérénité. Christophe Gavaudan, président, détaille les chantiers menés en 2025 et les perspectives encourageantes pour 2026, portées par un développement soutenu du réseau et l’intégration progressive d’outils digitaux performants à l’ensemble du groupement.
- Quel bilan dressez-vous de l’année 2025 pour l’UCEM et ses enseignes Monsieur Meuble, Crozatier, Meublena et Expert Litier ?
Christophe Gavaudan : Bien que les premiers mois de l’année aient été difficiles, l’exercice s’achève finalement sur une note positive. Cela est dû à un retournement de situation inattendu lors du 2e semestre. De juillet à novembre, nous avons enregistré 5 mois consécutifs de croissance – toutes enseignes confondues –, avec un mois de novembre que l’on peut qualifier d’exceptionnel. Ce rebond peut s’expliquer, en grande partie, par le Black Friday, qui s’impose de plus en plus comme un rendez-vous incontournable pour les consommateurs. Dès qu’une période promotionnelle forte se profile, les ventes décollent. En contrepartie, nous avons connu un léger ralentissement en décembre. Ainsi, nous terminons l’année à l’équilibre par rapport à 2024. C’est d’autant plus satisfaisant que le marché est globalement en baisse. Nous nous positionnons donc légèrement au-dessus de la moyenne du secteur, ce qui, dans le contexte actuel, représente une vraie performance.
Sur le volet développement, la dynamique est restée positive. Depuis plusieurs années, nous parvenons à maintenir un solde d’ouvertures favorable en compensant les fermetures liées aux départs à la retraite de certains exploitants. Cette tendance se vérifie principalement chez Monsieur Meuble et Crozatier. Expert Litier affiche également une belle progression, grâce au travail de fond de Christophe Patard, avec une moyenne de 5 nouvelles unités par an. L’enseigne est passée de 30 à 35 magasins entre le début et la fin de l’année. C’est un développement significatif sur un marché de la literie plutôt mature, qui a d’ailleurs connu quelques difficultés en 2025. Cette enseigne joue un rôle stratégique pour protéger notre parc literie au sein du portefeuille UCEM.
- Quelles ont été les principales actualités de cette fin d’année ?
C. G. : Le grand projet de l’année, annoncé lors de notre congrès à Barcelone, a été la digitalisation complète du parcours client de Monsieur Meuble. En amont de la refonte du site internet, nous avons déployé un configurateur, intégrant l’ensemble de notre collection. Le chantier fut d’envergure. Il a fallu modéliser tous les produits, gérer l’ensemble des options de personnalisation, que ce soit pour les canapés ou la salle à manger, puis établir les connexions techniques entre le configurateur et notre ERP. La profession s’étant équipée d’outils similaires, notre solution s’est parfaitement alignée sur les attentes des vendeurs comme des consommateurs, et les retours sont très positifs.
Parallèlement, nous avons mis en ligne, fin 2025, le nouveau site internet Monsieur Meuble. Il intègre ce configurateur, mais également un moteur de recherche « intelligent ». Grâce au configurateur, le client peut ainsi constituer son panier, personnaliser son produit et adresser sa demande au magasin de son choix. Nous avons également noué un partenariat avec Sofinco pour proposer un simulateur de financement directement sur le site. Ces deux chantiers digitaux majeurs – configurateur et site internet – sont désormais opérationnels. C’est un véritable travail de fond qui a mobilisé nos équipes tout au long de 2025.
Autre fait marquant : la refonte complète de l’identité visuelle de Crozatier, devenue Maison Crozatier. Ce nouveau logo et blason génèrent une vraie appétence et renforcent la désirabilité de la marque. C’est une clé d’entrée déterminante. Je suis d’autant plus satisfait que nous allons inaugurer, en avril prochain, deux très beaux magasins pilotes. À travers cette marque revalorisée, nous entendons travailler l’enseigne en profondeur.
- Quelles seront les grandes actualités qui marqueront l’UCEM en 2026 ?
C. G. : Notre priorité numéro un reste le développement du réseau. Avec l’arrivée, fin 2024, de Maxime Gellot, notre responsable développement, et Pierrick Choquet, notre nouveau directeur commercial, nous sommes entrés dans un cercle vertueux. Pour le 1er semestre 2026, de nombreux chantiers se profilent. Nous avons d’ores et déjà programmé 8 ouvertures Monsieur Meuble, 4 Maison Crozatier et 5 Expert Litier. Nous constatons, par ailleurs, que de nouveaux candidats, que nous n’avions pas forcément identifiés, viennent spontanément nous solliciter.
Notre deuxième priorité porte sur l’approfondissement de nos outils digitaux. Après le configurateur et l’ERP, nous souhaitons aller plus loin dans l’accompagnement des projets clients avec un planificateur d’agencement. Comme nous avons déjà intégré l’ensemble de notre collection en base de données, nous disposons d’une base solide pour travailler en mode projet. L’objectif est de permettre à nos clients de se projeter dans une modélisation d’agencement intérieur grâce à des outils simples. In fine, il s’agit de défendre et d’améliorer le panier moyen de nos enseignes. Marion Wagnon et Anne-Sophie Sousa piloteront ce développement, accompagné d’une formation complète en agencement intérieur structurée en 11 modules.
En 2026, nous travaillerons également, avec Simon Denecker, sur une approche plus globale de nos collections. Puisque le site internet constitue notre première vitrine, le client doit retrouver en magasin exactement ce qu’il a vu en ligne. Nous avons donc revu notre politique de réassort et notre modélisation. L’idée est de proposer de véritables ensembles cohérents : canapés, tables basses, tapis, luminaires, accessoires… Le planificateur s’inscrit dans cette logique : il nous faut à la fois les outils digitaux et les produits adaptés. Notre showroom de mai présentera justement ces ensembles complets.
Enfin, 2026 marquera l’ouverture d’un nouveau cycle triennal consacré à l’intelligence artificielle. L’IA fait désormais partie de notre quotidien et nous l’intégrons de plus en plus. Sous l’impulsion de Delphine Azot, nous collaborons déjà avec plusieurs entreprises spécialisées, que ce soit pour l’aide à la vente ou pour notre site internet. Cela concerne les magasins, mais aussi le référencement : aujourd’hui, le SEO se travaille également sur les outils d’IA. Nous avons changé de paradigme en matière de référencement, en ciblant ChatGPT ou d’autres IA, tout en continuant bien sûr à optimiser notre présence sur Google.
- Après la période anxiogène de l’année précédente, comment anticipez-vous cette année qui ne fait que commencer ?
C. G. : Restons lucides : n’importe quel événement peut aujourd’hui impacter la consommation. Nous avons des échéances électorales en 2026 et 2027, dans un monde hyperconnecté où tout s’accélère. Paradoxalement, nous n’avons jamais été aussi informés tout en ayant si peu de visibilité sur l’avenir. Une chose est sûre : aujourd’hui, le prix demeure le facteur déterminant qui rassure le consommateur. Et de notre côté, nous avons de réelles perspectives encourageantes concernant le développement de notre réseau. Ce dernier poursuit sa dynamique, et vous pouvez d’ores et déjà noter les prochaines échéances du 1er semestre : les réunions régionales en mars – un véritable tour de France qui nous permettra de réunir 80 % de notre réseau pour échanger sur l’actualité et rencontrer nos adhérents –, le showroom Monsieur Meuble début mai, et, bien sûr, notre congrès en juin.
> Article extrait du magazine Univers Habitat n°60 – à télécharger gratuitement ici

