Lors du 2e trimestre 2026, les ventes en ligne ont atteint 52,2 milliards d’euros en France, en progression de 8,5 % sur un an. Cette performance porte la croissance du e-commerce à 6,6 % sur l’ensemble du 1er semestre. Un rythme proche de celui observé en 2025, selon les derniers chiffres publiés par la Fevad.
Après un 1er trimestre plus modéré (+ 4,7 %), le 2e trimestre de l’année a bénéficié d’un mois de juin particulièrement dynamique. Dans le panel iCE 100, qui regroupe plus d’une centaine de sites marchands et n’intègre ni Shein ni Temu, les ventes aux particuliers ont progressé de 12,2 % sur un an durant ce mois. Un calendrier promotionnel favorable et des épisodes de canicule ont soutenu la demande, notamment pour les équipements de rafraîchissement et de climatisation, le e-commerce offrant aux consommateurs une solution pour s’équiper sans multiplier les déplacements durant les fortes chaleurs.
Cette dynamique dépasse toutefois les seuls produits liés à la météo. Sur l’ensemble du trimestre, le sport enregistre une hausse de 16,2 %, le textile de maison de 12,2 %, la tech-électroménager de 8,5 % et la beauté de 7,4 %. Cette progression partagée entre plusieurs catégories suggère un effet du calendrier commercial favorable au-delà du seul épisode caniculaire. Dès juillet, le rythme s’est normalisé, avec une hausse des ventes du panel iCE 100 limitée à 4,8 %, ramenant la croissance à 6,8 % sur les sept premiers mois de l’année, un niveau comparable à celui du second semestre 2025.
Le commerce physique tire parti du digital
Les enseignes issues du commerce physique affichent, sur internet, des performances supérieures à la moyenne de leur marché. Dans le secteur de la tech-électroménager, la croissance en ligne des enseignes-magasins a ainsi dépassé de plus de 50 % celle du marché en juin. Cette évolution illustre une complémentarité croissante entre sites, applications et magasins, où recherche en ligne, vérification de disponibilité, commande à distance et retrait en point de vente s’inscrivent dans un même parcours d’achat.
Le panier moyen recule de 4,3 % au 2e trimestre, à 59,7 €, tandis que le nombre de transactions progresse de 13,5 %. La croissance du marché repose donc davantage sur la multiplication des achats que sur leur montant moyen, dans un contexte où le pouvoir d’achat demeure une préoccupation pour les consommateurs. « Le premier semestre s’inscrit dans la continuité de 2025, sans masquer un environnement contrasté selon les secteurs », souligne Marc Lolivier, délégué général de la Fevad. Et d’ajouter : « Le retour à un rythme plus modéré en juillet invite à ne pas sur-interpréter le pic du mois de juin. La baisse du panier moyen rappelle que le pouvoir d’achat reste au cœur des arbitrages. »
Net recul de l’audience des plateformes asiatiques
Au-delà des résultats généraux du e-commerce, les données d’audience de juillet 2026 de Médiamétrie//NetRatings montrent une forte baisse sur un an des trois principales plateformes asiatiques : – 36,4 % pour Temu, – 42,3 % pour Shein et – 10,4 % pour AliExpress. Ce repli s’accentue nettement par rapport à juin, notamment pour Temu (- 15,8 % en juin) et AliExpress, jusque-là en progression (+ 5,9 % en juin). Il coïncide avec l’entrée en vigueur, le 1er juillet, du nouveau droit de douane forfaitaire de 3 € sur les importations de moins de 150 €. Le repli touche également la fréquentation quotidienne, en particulier pour Shein, dont l’audience journalière passe de 4,74 à 2,22 millions d’internautes. Une nouvelle étape est attendue au plus tard le 1er novembre, avec l’application d’une taxe de traitement européenne sur les petits colis.

