Le commerce spécialisé a entamé 2026 sur une note morose. Sur janvier et février réunis, le chiffre d’affaires recule de 2 % par rapport à la même période en 2025, selon les chiffres publiés lundi 23 mars par Procos (Fédération pour la promotion du commerce spécialisé). La fédération révèle des réalités très disparates selon les secteurs ainsi qu’un effritement progressif au fil des semaines.
Janvier avait pourtant semblé stabiliser la situation, avec un chiffre d’affaires tous secteurs à l’équilibre (+0,2 %). Mais février a rompu cette accalmie, affichant un recul de 2,8 %. Selon Procos, l’habillement (-4,2 % sur la période) paye notamment le démarrage raté des soldes d’hiver, pénalisé par l’arrivée de la neige. La beauté-parfumerie (-3,7 %), l’alimentaire spécialisé (-6,1 %) et la restauration (-3,1 %, avec une chute de 4,7 % sur le seul mois de février) complètent un tableau difficile.
Dans ce contexte dégradé, l’équipement de la maison fait figure de refuge relatif. Le secteur affiche un solde légèrement positif sur la période (+0,6 %), porté par un mois de janvier solide à +2,8 %. Un démarrage d’année encourageant, qui traduit une certaine résilience de la demande en matière d’aménagement intérieur, dans un marché immobilier toujours atone. Février a cependant freiné cet élan, avec un recul de 2,2 % qui réduit le bénéfice acquis en début d’année. Un signal à surveiller pour évaluer si la dynamique du secteur se confirme ou s’essouffle au printemps. L’autre secteur en positif est la culture, les cadeaux et les jouets, qui progressent de 1,7 % sur la période, avec une accélération en février (+4,9 %) qui renforce la tendance déjà favorable observée en 2025.
Du côté du web, les évolutions restent hétérogènes : l’habillement recule en ligne comme en boutique en janvier, avant un léger rebond numérique en février insuffisant pour compenser le repli global. La restauration affiche, quant à elle, un double recul physique et numérique sur les deux mois.
La fréquentation des points de vente reste, elle, légèrement positive (+0,1 % en janvier, +0,2 % en février), tirée par les centres-villes et les rues commerçantes, tandis que les galeries de périphérie et les outlets sous-performent. Procos souligne un climat géopolitique tendu et des arbitrages budgétaires persistants, et rappelle que l’impact de la hausse des matières premières sur la consommation reste encore entier pour les mois à venir.
Procos refond son outil de mesure du commerce
Parallèlement à la publication de ses résultats, Procos a annoncé une refonte de son panel d’activité retail. La fédération intègre désormais trois nouveaux partenaires de collecte de données : Food Service Vision pour la restauration, l’IPEA – Institut de la Maison pour le meuble et la décoration, et Retail Int. pour l’habillement, la beauté et l’alimentaire spécialisé. L’objectif est de disposer d’un échantillon plus large et plus représentatif, combinant analyse du chiffre d’affaires et données de fréquentation issues de capteurs (via STACKR). Dans un secteur en mutation — nouvelles habitudes d’achat, pression sur le pouvoir d’achat, évolution des formats —, Procos entend consolider son rôle de baromètre de référence pour les professionnels du commerce spécialisé.

