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Groupe Seb : des profits en hausse malgré des ventes quasi stables

Alors que les ventes ont presque stagné au 3e trimestre, le Groupe Seb, qui possède notamment les marques Tefal, Moulinex ou Krups, voit son bénéfice d’exploitation courant croître d’un quart depuis janvier. Le groupe précise son objectif pour l’année, entre 5 % et 10 % de hausse de ce résultat, au moment où Loïc Moutault, directeur général depuis le 1er octobre, prend ses marques.

Ce jeudi 22 octobre, le Groupe Seb a publié ses résultats sur neuf mois, qui opposent une croissance modeste des ventes à une nette amélioration de la rentabilité. Sur la période, le fabricant de petit équipement domestique (poêles, autocuiseurs, machines à café, aspirateurs, fers à repasser) a réalisé 5,707 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Cela représente une hausse de 1,1 % « à taux de change et périmètre constants ». Le 3e trimestre a toutefois marqué le pas : avec 1,964 milliard d’euros, l’activité est restée stable (- 0,1 %). La hausse de 2,5 % affichée en données publiées s’explique uniquement par un effet de change favorable de 51 millions d’euros, alors que les devises avaient pesé sur le début d’année.

C’est sur le terrain des profits que le groupe lyonnais affiche ses meilleurs chiffres. Son résultat opérationnel d’activité (ROPA), atteint 333 millions d’euros sur neuf mois, en hausse de 24,5 %. La marge opérationnelle, soit la part des ventes qui se transforme en bénéfice d’exploitation, passe ainsi de 4,7 % à 5,8 %. Sur le seul 3e trimestre, le ROPA s’établit à 161 millions d’euros (+ 8,7 %), pour une marge de 8,2 %.

Le groupe attribue cette progression à une meilleure marge sur les produits vendus, soutenue par les volumes et par des effets de change favorables, ainsi qu’à une gestion rigoureuse de ses dépenses. Les premiers effets du plan Rebond, son programme d’économies, y contribuent : 15 millions d’euros ont été économisés au 3e trimestre, 35 millions depuis janvier. Ce plan vise environ 200 millions d’euros d’économies annuelles à fin 2027 et, selon l’entreprise, suit le calendrier annoncé. Les accords sociaux conclus en France et en Allemagne ont permis d’engager des départs volontaires dès septembre, les réductions d’effectifs devant être réalisées d’ici mars 2027. Plus de 500 actions ont par ailleurs été lancées sur les achats indirects (prestations et fournitures hors production), dont plus des deux tiers des économies sont déjà sécurisés. Le groupe poursuit aussi la réduction de 25 % à 30 % de son catalogue de références produits, dont la moitié est déjà engagée. Pour 2026, il table sur 50 à 60 millions d’euros d’économies.

Dans le Grand Public, qui représente 5,017 milliards d’euros de ventes sur neuf mois (+ 1,9 % à taux de change et périmètre constants), les Amériques tirent la croissance. Elles progressent de 10,8 % au 3e trimestre, l’Amérique du Nord (+ 10,6 %) comme l’Amérique du Sud (+ 11,3 %) affichant une hausse à deux chiffres. Aux États-Unis, le groupe revendique des gains de parts de marché en articles culinaires et en soin du linge, grâce à des programmes commerciaux conclus avec de grands distributeurs.

À l’inverse, la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique recule légèrement (- 1,0 % au 3e trimestre), les distributeurs d’Europe occidentale continuant de réduire leurs stocks dans un climat de consommation peu porteur. De son côté, l’Asie est quasi stable (- 0,4 %) : en Chine, où le marché est décrit comme atone et très promotionnel, la filiale Supor gagne des parts de marché avec une croissance de 0,2 %.

L’activité Professionnelle, qui regroupe les machines à café destinées aux restaurants, hôtels et entreprises, reste en difficulté. Ses ventes cèdent 4,8 % sur neuf mois et 9,1 % sur le seul 3e trimestre, pénalisées par la faiblesse des ventes de machines aux grands clients, notamment américains, qui diffèrent leurs renouvellements, ainsi que par un net ralentissement au Moyen-Orient. Les services, qui pèsent environ 35 % des ventes du segment, et le cœur d’activité résistent.

Face à un environnement jugé dégradé, entre consommation incertaine, distributeurs prudents et hausse des coûts, le groupe confirme son objectif de croissance du ROPA en 2026 et le chiffre : entre 5 % et 10 %. Cette fourchette tient compte d’une base de comparaison élevée au 4e trimestre 2025 et des incertitudes sur la consommation de fin d’année. Le Groupe Seb réaffirme également son intention de générer une trésorerie disponible plus régulière, dans le prolongement du 1er semestre, et de réduire son endettement dès cette année.

« Le plan Rebond est notre feuille de route ; il engage le Groupe dans une transformation durable et avance conformément aux objectifs annoncés. Dans un environnement exigeant, notre priorité est d’en accélérer l’exécution : tout d’abord, réaliser nos objectifs d’ajustement de notre base de coûts, et, en parallèle, amplifier l’impact de nos innovations en transformant nos pratiques de marketing digital. Nous poursuivrons également nos initiatives de simplification de nos process, pour gagner en agilité et en rapidité. « Notre ambition est claire : retrouver une trajectoire de croissance rentable. Nous sommes pleinement mobilisés pour y parvenir », conclut Loïc Moutault, directeur général. Prochain rendez-vous pour les investisseurs : la publication des résultats annuels, le 24 février 2027.

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Par La Rédaction

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