Le commerce spécialisé français affiche des résultats contrastés pour l’année 2025, marquée par un recul global de 0,8% du chiffre d’affaires en magasins physiques, selon les données publiées par Procos le 13 janvier dernier. Si le mois de décembre enregistre une baisse plus prononcée de 2,8%, c’est le e-commerce qui tire son épingle du jeu avec une progression de 3,4% sur l’ensemble de l’année, confirmant l’accélération de la migration des consommateurs vers les canaux digitaux.
Les performances sectorielles révèlent des dynamiques disparates. Bien que le communiqué de presse ne détaille pas spécifiquement les chiffres de l’habitat, ce secteur s’inscrit dans un contexte général difficile marqué par des arbitrages de consommation contraints et une fréquentation en baisse des points de vente physiques. Parmi les autres univers, le jeu-jouet s’impose comme le grand gagnant de cette fin d’année (+ 3,5% en magasins et + 8,7% sur le web). L’alimentation spécialisée résiste également, affichant une croissance proche de 2% malgré un léger fléchissement en décembre. À l’inverse, l’habillement et la beauté accusent le coup : le premier recule de 4,5% en décembre, pénalisé par des températures douces jusqu’au 20 décembre qui ont retardé l’achat des pièces hivernales, tandis que le secteur de la beauté termine l’année en baisse de 2,6%.
Des comportements d’achat bouleversés et des perspectives incertaines
L’extension du Black Friday sur l’ensemble du mois de novembre a modifié les habitudes de consommation, incitant les clients à anticiper massivement leurs achats de fin d’année. Cette concentration des ventes sur une période promotionnelle élargie a forcément affecté les performances de décembre. Par ailleurs, les incertitudes économiques et politiques continuent de peser sur le moral des ménages, qui arbitrent leurs dépenses avec une prudence accrue.
La fréquentation des points de vente confirme une érosion structurelle avec un repli de 1,6% sur l’année, témoignant d’un changement durable dans les modes de consommation. Seules les gares tirent leur épingle du jeu, affichant une croissance de 3% sur l’année grâce à leur positionnement stratégique sur les flux de mobilité. À l’opposé, les centres commerciaux et outlets enregistrent les plus fortes baisses, avec notamment un recul de 3,8% en décembre pour ces derniers. Sur le plan géographique, Paris limite la casse avec un recul limité à 1,2% en décembre et parvient même à clôturer l’année en territoire positif (+1,6%). Les régions Rhône-Alpes, Sud-Est et Sud-Ouest subissent en revanche les baisses les plus marquées, comprises entre 3% et 4%.
Les perspectives pour le début 2026 s’annoncent délicates malgré le lancement des soldes d’hiver. Les épisodes neigeux de ce début janvier et les barrages liés à la crise agricole compliquent l’accès aux commerces, faisant craindre un premier trimestre difficile pour un secteur qui peine à retrouver sa dynamique d’avant-crise.
