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Congrès UCEM 2026 : une nouvelle ère pour le modèle coopératif

Du 7 au 10 juin, au Club Med d’Opio en Provence, le congrès annuel de l’UCEM a réuni près de 100 participants autour d’une ambition commune : préparer une nouvelle ère pour le modèle coopératif. Dans un contexte marqué par les évolutions technologiques et les nouveaux enjeux de confiance, le groupement a réaffirmé la solidité de son modèle, la force de ses réseaux et sa volonté d’innover collectivement pour accompagner les défis de demain.

Près de 100 personnes – adhérents, fournisseurs et partenaires – se sont retrouvées du 7 au 10 juin à Opio pour le congrès annuel de l’Union Commerciale pour l’Équipement Mobilier (UCEM), qui fédère les enseignes Monsieur Meuble, Meublena, Maison Crozatier et Expert Litier. Un format inédit pour l’organisation, choisi dans un contexte de marché, comme nous le savons, quelque peu compliqué. Placé sous le signe de l’humain et de la convivialité, ce rendez-vous a permis au groupement de réaffirmer ses fondamentaux tout en se projetant vers les mutations technologiques à venir.

La réunion plénière du mardi matin s’est ouverte sur les remerciements de Christophe Gavaudan, président de l’UCEM, qui a d’abord salué le travail de Delphine Azot, directrice Marketing et Communication, pour l’organisation de ce congrès qui s’est déroulé sous les meilleurs auspices. Il a également mis à l’honneur deux administrateurs quittant leurs fonctions : Alain Cacicedo, rencontré par le président dès 1993 et avec qui il a partagé l’ensemble de sa carrière, ainsi que Laurent Rochut, également administrateur sortant. Ce dernier a livré un témoignage empreint d’émotion : « Ce fut une aventure avant tout humaine, grâce à des personnes qui m’ont beaucoup appris. Au terme d’une vie de travail, je vous souhaite de vivre les mêmes instants que j’ai pu connaître. Une affaire d’équipe, un moment que l’on partage… c’est le plus important. » Les remerciements se sont poursuivis à l’attention de Jean-Luc Vedis, directeur du magasin Monsieur Meuble de Montluçon, pour son départ à la retraite, ainsi qu’à Jérémy Battocchio, directeur commercial du Groupe Bayle, et Karène Sagot, cheffe de produit décoration et merchandising.

Christophe Gavaudan a ensuite rappelé les fondements du modèle coopératif, moteur du groupement depuis 1947 : un format qui représente aujourd’hui 32 % de l’activité du secteur du commerce français. À l’image de son intervention prenant place quelques jours auparavant auprès de la Fédération du Commerce Associé (FCA), il a souligné l’importance de défendre ce modèle quotidiennement. « Car derrière nos enseignes, il y a des entrepreneurs qui font vivre nos territoires. »

Le président a consacré une large partie de son discours à l’intelligence artificielle, qu’il a qualifiée de « rupture de civilisation ». Selon lui, cette accélération technologique, déjà entrée dans les usages, va encore s’intensifier dans les mois et années à venir. « Plus le monde devient technologique, plus l’humain devient précieux. Ce qui nous sauvera, c’est le supplément d’âme et notre conscience. »

En outre, Christophe Gavaudan a pointé un basculement dans la relation de confiance avec le client. Alors que les enseignes possédaient auparavant le pouvoir de l’information, c’est désormais l’IA, et par extension les clients eux-mêmes, qui la détient. Un constat qui doit mener, selon lui, à une évolution des équipes de vente. « Faites évoluer vos vendeurs avec l’IA et l’utilisation de cet outil, pour avoir de belles histoires à raconter. »

Enfin, les atouts différenciants du réseau ont été mis en lumière : la proximité, incarnée par des équipes qui « accueillent, écoutent et conseillent », ainsi que la valeur et la confiance construites au quotidien avec les collaborateurs. Le président a ensuite appelé les adhérents à la curiosité face à des technologies en constante évolution, rappelant qu’avec une part de marché e-commerce désormais estimée à plus de 24 %, le secteur « traditionnel » reste un marché de niche où subsiste un espace pour vivre correctement de ce métier. « Il faut savoir allier technologie et humanité. Les entreprises qui réussiront demain seront celles qui sauront concilier performance, innovation et proximité, en dépassant les oppositions que l’on entretient encore trop souvent », a conclu le président.

Le congrès a été l’occasion de dévoiler une étude réalisée exclusivement pour l’UCEM par la société Take Off, présentée par Vincent Heuraux, président. Menée auprès de 5 000 personnes représentatives de la population française, elle s’est penchée sur les mutations de l’habitat et leurs conséquences sur le meuble meublant.

L’enquête révèle une transformation considérable de la structure des logements : plus de la moitié des Français disposent désormais d’une cuisine ouverte, et 67,8 % d’un salon-séjour, souvent doté d’une baie vitrée. Les murs s’effacent au profit d’espaces non structurés, posant la question centrale du rangement. Selon Vincent Heuraux, il convient désormais de penser en logique d’usages plutôt qu’en pièces : espaces à vivre, espaces de transition et espaces de service. Concernant les équipements du salon-séjour, l’étude révèle un désintérêt marqué pour les enfilades : 71 % des sondés estiment ne pas en avoir besoin, tandis que 72 % jugent disposer de suffisamment d’espace pour du mobilier. Une aspiration à la fluidité, à la lumière et au vide se dégage nettement des résultats, le vide étant perçu comme une composante esthétique à part entière. Les dimensions inadaptées des meubles constituent la première difficulté rencontrée par les consommateurs.

Sur le format idéal d’un meuble de séjour, l’étude pointe une indécision généralisée : malgré un niveau d’information élevé, les consommateurs expriment de nombreux doutes avant l’achat, les jeunes générations se montrant particulièrement sensibles à l’offre sur mesure, un terrain propice à l’accompagnement en magasin. C’est dans cette optique qu’une réflexion a été engagée avec Monsieur Meuble autour du concept « Smart Living », centré sur l’agencement d’un logement type de 30 m². L’étude s’est également penchée sur le canapé, produit important mais non prioritaire aux yeux des sondés : 30 % des répondants indiquent posséder un canapé plus volumineux que le précédent, tandis que les meubles de rangement figurent en tête des équipements les plus supprimés du salon.

Le maillage territorial des magasins demeure, selon l’étude, un facteur déterminant pour les achats de meubles engageants. Les leviers d’aide à la décision identifiés restent la mise en situation en conditions réelles, complétée par un outil de configuration simple d’utilisation. « Le meuble meublant n’est pas condamné, mais les logements ont changé plus vite que l’offre. Désormais, l’offre doit s’adapter », a résumé Vincent Heuraux, concluant que le meuble meublant ne disparaît pas mais change de rôle dans un habitat renouvelé.

Jean-Pierre Til, responsable Grands Comptes chez Sofinco, a présenté les indicateurs du marché du financement, marqué par une baisse de fréquentation en magasin qui s’accélère, à mesure que les ventes en ligne progressent. Le marché affiche un recul global de 2,1 % au premier trimestre, les meilleures performances étant enregistrées du côté des ventes en ligne ainsi que des spécialistes de la literie et de la cuisine. Sofinco a présenté à cette occasion un parcours de financement 100 % digital et autonome, baptisé C Easy Essentiel, permettant un achat en plusieurs fois – jusqu’à dix ou douze échéances – validé en trois clics et assorti d’une réponse immédiate. Une tarification négociée à l’échelle du groupe accompagne ce dispositif, présenté comme une solution complémentaire pour les adhérents du réseau.

L’esprit d’équipe, fil rouge du congrès
Le congrès s’est conclu sur l’intervention de Marc Lièvremont, ancien entraîneur de l’équipe de France de rugby, venu partager son expérience du haut niveau. À travers son discours, il a insisté sur l’importance de la cohésion d’équipe et de l’entraînement, dressant un parallèle avec le fonctionnement des équipes de vente en magasin. Une intervention qui a fait écho au fil conducteur de ces quatre journées : replacer l’humain, la confiance et le collectif au centre de la stratégie du réseau, alors que le groupement s’apprête à affronter les prochaines mutations du secteur.

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Par Camille Borderie

Rédactrice en chef Univers Habitat, Faire Savoir Faire

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