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Commerce spécialisé : un mois de mai en net décrochage selon Procos

Selon les derniers chiffres publiés par Procos, le commerce spécialisé enregistre en mai 2026 un recul de 2,3 % de son chiffre d’affaires en magasin par rapport à mai 2025. Sur les cinq premiers mois de l’année, la baisse cumulée atteint 2,8 %, confirmant la fragilité de la consommation des ménages.

Après plusieurs mois déjà marqués par une consommation hésitante, l’activité du commerce spécialisé demeure, selon Procos, sous pression en ce début d’été. En effet, les arbitrages des consommateurs restent dictés par un climat économique peu porteur. Le moral des ménages demeure bas, les questions de pouvoir d’achat continuent de peser sur les décisions d’achat, et la remontée des prix du carburant limite les déplacements vers les zones commerciales. Le commerce en ligne tire son épingle du jeu mais ne progresse pas assez vite pour absorber le recul du commerce physique.

D’un secteur à l’autre, les écarts de performance se creusent. L’habillement signe le meilleur résultat du mois avec une hausse de 4,5 % de ses ventes en magasin, un rebond que la beauté-parfumerie accompagne plus modestement, à +1,1 %. Les jouets, la culture et les cadeaux résistent également bien, avec un recul contenu à -0,9 % en magasin, et un appétit confirmé des consommateurs pour l’achat en ligne sur ce segment, en hausse de 6,5 %. À l’autre extrémité du classement, l’équipement de la maison enregistre la chute la plus sévère du mois, à -7 %. L’alimentaire spécialisé et la restauration affichent également des replis significatifs, respectivement de -2,6 % et -4,7 %.

L’observation sur cinq mois confirme globalement ces équilibres, avec des nuances. Les jouets, la culture et les cadeaux constituent, sur la durée, le seul moteur de croissance du commerce spécialisé, avec +3,2 % cumulés depuis janvier. La beauté-parfumerie continue elle aussi de mieux résister que la moyenne, avec un recul limité à -1,5 %. L’habillement, en revanche, reste en territoire négatif sur l’ensemble de la période (-2,6 %), malgré l’embellie du mois de mai : un signe que les bons résultats récents ne suffisent pas encore à effacer un début d’année plus compliqué.

Sur la même période, l’équipement de la maison cède 3 %, un repli inférieur à celui observé en mai seul, mais qui s’inscrit dans la durée depuis le début de l’année. L’alimentaire spécialisé enregistre une baisse de 4 %, tandis que la restauration cumule un recul de 4,8 % en salle et de 3,5 % en ligne.

La fréquentation des magasins a, elle aussi, reculé en mai (-1,2 % sur un an), mais cette baisse moyenne dissimule des trajectoires très différentes selon les types d’implantation. Les commerces situés en centre-ville ou en rue souffrent le plus, avec des pertes de fréquentation de 2,6 % et 3,8 %. À l’inverse, les zones commerciales de périphérie et les galeries marchandes attirent davantage de visiteurs qu’un an plus tôt, avec des gains respectifs de 1,3 % et 2,0 %. Les centres de marques, souvent perçus comme des destinations secondaires, n’ont pas échappé à cette tendance et enregistrent eux aussi un recul de fréquentation.

Le pic de chaleur observé fin mai, entre le 26 et le 30, a probablement renforcé l’attrait des lieux climatisés que sont les grands centres commerciaux, au détriment des centres-villes, déjà fragilisés par un déficit d’attractivité plus ancien. Les écarts régionaux suivent une logique différente : la Normandie enregistre une hausse de fréquentation proche de 4 %, à l’inverse des Hauts-de-France, en recul de près de 6 %, deux régions où, selon Procos, les ponts du mois de mai et une météo clémente ont sans doute orienté les flux vers les destinations littorales plutôt que vers les grandes villes.

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Par Camille Borderie

Rédactrice en chef Univers Habitat, Faire Savoir Faire

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