Le marché français du bricolage a limité son recul à -1,4 % en 2025, après une chute de -4,3 % l’année précédente, selon les chiffres publiés par la FMB et Inoha. Une accalmie que confirme la 2e édition de l’Observatoire FMB x Viavoice : malgré un contexte économique toujours tendu, 89 % des Français déclarent bricoler et plébiscitent largement les enseignes spécialisées.
Le chiffre d’affaires des grandes surfaces de bricolage (GSB) s’est établi à 21,8 milliards d’euros TTC en 2025. Si la baisse se poursuit pour la 3e année consécutive, son ampleur se réduit nettement par rapport à 2024, et le marché reste supérieur à son niveau de 2019, avant la crise sanitaire. Un signe, selon la FMB, de l’ancrage durable des dépenses liées à l’habitat dans les usages des Français. Cette relative résistance s’explique notamment par la prudence persistante des ménages. Le marché de l’immobilier ancien, avec 951 000 transactions enregistrées en 2025 (+13 % sur un an), n’a pas encore retrouvé le seuil symbolique du million de ventes annuelles, et la confiance des foyers français continue de s’éroder, limitant les arbitrages en faveur des dépenses importantes pour le logement.
À noter : l’édition 2025 de l’étude FMB/Inoha se concentre exclusivement sur le circuit des GSB, avec un périmètre ajusté par le retrait des enseignes Brico Leclerc et du groupe Cofaq. Les données intègrent les ventes en magasin et les ventes en ligne en propre des enseignes (click & collect et livraison à domicile), à l’exclusion des marketplaces et des prestations de pose réalisées par des artisans partenaires.
Des segments résilients
Dans ce paysage contrasté, deux rayons se démarquent par leur croissance. Le chauffage progresse de 3,3 % en 2025 et confirme sa dynamique de moyen terme, avec une hausse de 15 % par rapport à 2019. Cette performance doit beaucoup à la climatisation et à la ventilation (+18 %), dopées par un été chaud et des épisodes caniculaires précoces, ainsi qu’à la progression des combustibles (+3 %) ; les équipements de chauffage électrique restent quant à eux stables.
L’électricité affiche une hausse plus modeste (+0,6 % en 2025, +13 % depuis 2019), portée par l’intérêt croissant des particuliers pour les travaux électriques et de rénovation, ainsi que par la montée en puissance des équipements liés à la maîtrise énergétique et à l’autonomie du logement.
Les autres rayons, bien qu’en recul, montrent une résilience structurelle. La plomberie, les salles de bains et les cuisines, qui représentent 15 % du chiffre d’affaires des GSB, ne reculent que de 1,5 % en 2025 et restent 15 % au-dessus de leur niveau de 2019. Le bois et la menuiserie suivent une trajectoire comparable, avec un recul limité à 2,4 % et un niveau toujours supérieur de 11 % à celui d’avant-Covid. Le jardin, de son côté, affiche une quasi-stabilité (-0,2 %) malgré une météo irrégulière sur l’année. « Dans un environnement économique toujours complexe, les Français continuent de considérer leur habitat comme une valeur refuge. Les arbitrages de consommation existent, mais les besoins d’entretien, d’amélioration et de confort du logement demeurent structurels. Les enseignes de bricolage poursuivent ainsi leurs investissements dans les services, l’accompagnement des projets et les solutions liées à la rénovation énergétique », déclare Paul Cassignol, président de la FMB.
Le e-commerce poursuit par ailleurs sa progression, avec une hausse de 7,7 % des ventes en ligne, alors que les ventes réalisées en magasin reculent de 1,9 %. La vente en ligne représente désormais 6,2 % du chiffre d’affaires des enseignes, contre une part encore marginale il y a quelques années.
Le bricolage, un réflexe ancré
Au-delà des chiffres de vente, l’Observatoire FMB x Viavoice, réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes interrogées fin avril et début mai 2026, dresse le portrait d’une pratique solidement installée dans le quotidien des Français. Près de 9 personnes sur 10 déclarent bricoler, et plus d’un tiers le font régulièrement.
Ce constat masque toutefois une forme de paradoxe : seuls 54 % des sondés se considèrent réellement comme « bricoleurs ». Près de 7 Français sur 10 disent être freinés par la peur de mal faire ou par un sentiment de compétences insuffisantes, auquel s’ajoutent des contraintes matérielles et le coût des équipements. L’étude met également en avant la dimension collective et intergénérationnelle de l’activité. Plus d’un Français sur deux apprécie bricoler à plusieurs, et les deux tiers y voient un vecteur de transmission entre générations ou un moment de partage avec leurs proches. Six Français sur dix consultent d’ailleurs leur entourage pour s’informer sur leurs travaux, faisant du bricolage un espace d’échange autant que de réalisation pratique.
La dimension économique reste centrale dans les motivations : neuf personnes sur dix estiment que bricoler permet de réaliser des économies, et 83 % y voient un moyen de lutter contre le gaspillage. La réparation s’impose d’ailleurs comme le réflexe éco-responsable le plus répandu, un Français sur deux ayant déjà préféré faire réparer un équipement plutôt que de le remplacer. En parallèle, la rénovation énergétique progresse : 39 % des sondés ont déjà engagé des travaux pour réduire l’empreinte environnementale de leur logement, et 20 % envisagent de le faire prochainement, avec des motivations qui mêlent économies d’énergie, confort et valorisation patrimoniale.
Sur le plan de la confiance, les grandes surfaces de bricolage conservent une position de référence : 89 % des Français déclarent les fréquenter et 84 % font confiance au matériel qui y est vendu. Ce niveau de confiance chute nettement dès qu’il s’agit d’autres circuits de distribution : 60 % pour les plateformes spécialisées en ligne, 53 % pour les grandes surfaces généralistes, et seulement 13 % pour les plateformes extra-européennes à bas coût. L’expertise des conseillers en magasin est également valorisée : huit Français sur dix estiment qu’ils connaissent bien les produits et aident à faire les bons choix.
« Cette nouvelle édition de notre Observatoire confirme que le bricolage occupe une place structurelle dans le quotidien des Français, bien au-delà d’un simple loisir. L’attachement des Français à leur habitat, à la maîtrise de leurs dépenses et à la transmission des savoir-faire demeure un socle solide », conclut Paul Cassignol.

