À l’occasion du congrès annuel, à Lyon, capitale des Gaules, du 14 au 16 juin, les adhérents et partenaires de Grand Litier se sont retrouvés pour faire le point sur l’évolution d’un réseau qui ne cesse de progresser : développement, formation, stratégie de communication, et un éclairage de l’économiste Philippe Moati sur les évolutions de la consommation.
Comme chaque année, le congrès annuel de l’enseigne Grand Litier a débuté par une visite du magasin rattaché à la ville où il s’est déroulé. Cette fois-ci, il s’agissait de celui de Saint-Priest, en périphérie de Lyon, ouvert en 2024 par Xavier et Stéphanie Bodart et présenté comme la vitrine du repositionnement haut de gamme du réseau. « Notre histoire avec la famille Bodart remonte à plus de vingt ans. Par culture de commerçants, nous avons accepté de monter un magasin ensemble : en 2006, ce fut le premier, à L’Isle-d’Abeau. Ensuite, les années ont passé avec la reprise d’Annemasse, puis d’Annecy en 2023, et de Saint-Priest en 2024 », rappelle Luc Blouet, directeur de l’enseigne.
Après une soirée de gala organisée au Grand Réfectoire, la réunion plénière s’est tenue le lendemain. Devant les fournisseurs, partenaires et adhérents, le président du réseau, Wolf Stolpner, a introduit son discours par un constat. « Nous évoluons dans un contexte où les consommateurs restent prudents, et cela devrait durer jusqu’en 2027 ». Et d’ajouter : « Le marché de la literie traverse sa pire période. Après un recul de 1,2 % en 2024 puis de 2,7 % en 2025, la baisse atteint entre 4 et 5 % sur les cinq premiers mois de 2026. » Néanmoins, un autre constat émerge : les spécialistes tirent leur épingle du jeu, tandis que la grande distribution et le e-commerce souffrent davantage. « Il y a un changement dans l’état d’esprit des consommateurs, qui privilégient la vente en magasin. »
Dans ce paysage quelque peu morose, Grand Litier détonne. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : + 8 % de chiffre d’affaires tous magasins confondus en 2025, une tendance confirmée à + 8 % sur le baromètre de mai 2026, et une croissance à magasins constants de 3 % en 2025 puis 2 % en 2026. « Nous nous situons à plus de dix points au-dessus du marché », souligne le président, qui attribue cette performance au positionnement premium assumé depuis le congrès de Bordeaux et à la refonte de la plateforme de marque autour du sommeil. « Aujourd’hui, quand nos clients rentrent en magasin, nous ne vendons plus des matelas ni des sommiers : nous trouvons la bonne literie qui leur permet de bien dormir et répondons ainsi à leur bien-être », résume-t-il. Les vendeurs, désormais appelés « Conseillers Sommeil », incarnent ce virage.
Un réseau en expansion
Bertrand Tisseyre, responsable Développement, a ensuite dressé le bilan du développement du réseau. Ce dernier comptait 131 magasins en 2025, dont 16 ouvertures, pour une surface moyenne stable autour de 380 m². Le chiffre d’affaires est passé de 114 millions d’euros en 2024 à près de 124 millions en 2025, soit 10 millions supplémentaires en un an seulement. Le panier moyen atteint désormais 1 948 €, et un magasin Grand Litier approche aujourd’hui du million d’euros de chiffre d’affaires en moyenne.
Depuis le congrès de Saint-Malo de l’année dernière, le réseau a enregistré onze ouvertures nettes, notamment à Quimper, Rennes, Le Mans et Perpignan, ainsi que trois reprises. Quatre nouvelles ouvertures et cinq reprises sont déjà programmées pour le second semestre. « L’envie d’aller de l’avant perdure. Un tiers de nos adhérents a manifesté le souhait de continuer à se développer avec nous », relate Bertrand Tisseyre. Par ailleurs, l’objectif du cap des 150 magasins et des 150 millions d’euros de chiffre d’affaires reste toujours d’actualité.
La performance, moteur du réseau
La réunion plénière a également été l’occasion de rappeler les « dix critères de performance » déployés depuis quatre ans. « L’objectif est de piloter et d’accélérer le développement du chiffre d’affaires des magasins », explique Sandrine Hlasko, animatrice réseau Centre, Paris, Nord et Est. Là encore, les chiffres parlent d’eux-mêmes : les dix premiers adhérents au classement affichent une progression de 18 %, soit environ 200 000 euros de chiffre d’affaires additionnel, contre seulement 2 % pour les dix derniers.
Derrière cette performance, la compétence et la formation jouent un rôle crucial. Le « Passeport Formations » compte aujourd’hui 24 modules suivis par 90 % du réseau. Le bilan est parlant : près de 500 accès ouverts, plus de 3 300 certificats délivrés, dix formations en usine et onze semaines d’intégration à Toulouse, sans compter sur des partenaires de formation externe que sont Vendeur d’Élite et l’Académie du Sommeil. Désormais bien ancré, ce passeport s’est enrichi l’an dernier d’un volet dédié aux managers, baptisé le « Passeport Managers ». Celui-ci comprend une journée d’immersion, des webinaires thématiques, des modules d’e-learning et un accompagnement personnalisé par les animateurs réseau. « Un arsenal complet pour vous accompagner dans la quête de la performance. » En 2026, le dispositif s’enrichira de formations en présentiel, dont une session sur la gestion de crise et de conflit.
Une stratégie de communication offensive
Luc Blouet et Céline Massarutto, responsable Marketing et Communication, sont ensuite revenus sur les résultats de la nouvelle stratégie de communication lancée l’an dernier, associant publicité de marque et publicité promotionnelle. Sur le plan télévisuel, quatre vagues diffusées principalement sur France Télévisions ont permis de gagner huit points de notoriété assistée, portée à 44 %. La presse a généré 34 parutions sur l’année, touchant plus de 11 millions de lecteurs, en hausse de 20 %. La radio, nouveau média intégré en 2025, a quant à elle généré plus de 11 millions de contacts sur deux vagues.
« Il reste un travail majeur à accomplir sur les avis clients », reconnaît Luc Blouet, tout en saluant une progression de 42 % des avis Google et de 68 % des campagnes AdWords, ainsi que 389 000 vues sur YouTube. « Au-delà du plan média, il faut avoir quelque chose à raconter », ajoute Céline Massarutto, qui rappelle que trois séries de vidéos consacrées à la culture du sommeil selon Grand Litier ont accompagné les opérations commerciales du réseau. Résultat : entre janvier et décembre 2025, la notoriété spontanée de l’enseigne a doublé, et sa notoriété « top of mind » a triplé.
Pour 2026, le réseau garde le cap tout en investissant les plateformes de streaming, avec l’arrivée de Netflix aux côtés de TF1+, pour toucher une audience plus jeune et plus connectée. Sur le terrain digital, Aurélie Fages, chargée de projets digitaux, a présenté le déploiement de l’outil Wizville, destiné à améliorer le suivi de l’expérience client.
Solidarité et perspectives
Avant de refermer ce congrès, un temps fort et solidaire a eu lieu. Un chèque de plus de 16 368 € a été remis à l’association Léo, qui finance la recherche sur les cancers pédiatriques. Le rendez-vous est donné du 13 au 15 juin 2027 à Toulouse pour un congrès anniversaire, celui des 50 ans du réseau fondé en 1977, qui compte aujourd’hui 133 magasins.
« Une société qui se dualise de plus en plus »
Invité à clôturer la réunion plénière, l’économiste Philippe Moati a livré son analyse des mutations de la consommation, marquées selon lui par un arbitrage croissant entre les idéaux des Français et leurs contraintes, au premier rang desquelles le pouvoir d’achat. Avec une inflation de 2,4 % en mai 2026, la conjoncture continue de se dégrader. « Nous faisons face à une société qui se dualise de plus en plus, avec des classes pauvres et moyennes qui décrochent, et des classes aisées qui continuent de bien s’en sortir », résume-t-il, rappelant que 37 % des Français peinent à s’en sortir financièrement depuis 2019. Pour le commerce physique, l’économiste esquisse toutefois des pistes : miser sur l’omnicanalité, valoriser l’humain, l’expertise et le conseil, et engager une bascule vers une logique servicielle, où la valeur perçue par le client prime sur la seule vente de produits.

