Selon une étude OpinionWay réalisée pour Vusion en mars 2026, près de 8 Français sur 10 se disent prêts à utiliser des outils intelligents en point de vente. Une forte adhésion, portée par des attentes concrètes et assortie à une exigence claire : la technologie doit servir le client et non s’imposer à lui.
Le magasin physique a beau résister à la montée du e-commerce, il peine encore à tenir ses promesses. C’est l’un des enseignements les plus saillants de cette étude menée auprès de 1 000 personnes représentatives de la population française. 64 % des consommateurs ont déjà renoncé à acheter un produit faute d’information ou de conseil suffisant, 62 % disent ne pas toujours obtenir de réponse à leurs questions en rayon, et 59 % perdent régulièrement du temps à chercher un article ou un vendeur. Plus révélateur encore, 40 % ont déjà abandonné un panier entier parce qu’un produit jugé indispensable était en rupture de stock. Des irritants structurels que les enseignes n’ont pas encore su effacer et qui ouvrent, ainsi, un large espace pour la technologie.
L’IA déjà dans le caddie
Dans ce contexte, les Français s’emparent directement de l’intelligence artificielle. 65 % d’entre eux utilisent déjà ou envisagent de recourir à des outils comme ChatGPT, Gemini ou Claude lors de leurs achats en magasin. Les usages les plus répandus restent pragmatiques — comparer les prix pour 52 % d’entre eux, connaître la composition d’un produit pour 46 %, consulter des avis clients ou vérifier la disponibilité d’un article pour environ 42 % —, mais ils dessinent l’émergence d’un consommateur augmenté qui arrive en rayon déjà informé. Chez les 18-34 ans, ce phénomène atteint des niveaux particulièrement élevés : entre 80 et 87 % de cette tranche d’âge utilisent ou envisagent l’IA comme assistant shopping, signalant une rupture générationnelle que les retailers ne peuvent ignorer. Ces mêmes profils sont aussi les plus exigeants face aux irritants traditionnels du point de vente : 82 % des 25-34 ans estiment ne pas toujours obtenir les réponses à leurs questions en magasin, contre 62 % en moyenne.
Des services attendus, une image à construire
Lorsqu’on leur demande ce qu’ils attendent concrètement des magasins équipés d’outils intelligents — écrans interactifs, robots assistants, montres ou lunettes connectées —, les réponses des Français révèlent d’abord une préoccupation de pouvoir d’achat. 70 % souhaitent recevoir des coupons de réduction personnalisés, 67 % être alertés de promotions ciblées, et 65 % pouvoir localiser rapidement un produit ou comparer plusieurs références en temps réel. Les services plus sophistiqués, comme le guidage budgétaire ou l’optimisation du temps passé en magasin, intéressent entre 40 et 45 % des répondants. Au total, 73 % des personnes interrogées estiment que ces dispositifs amélioreraient leur expérience d’achat, et 82 % associent spontanément un magasin équipé à l’innovation. Côté performance commerciale, 46 % déclarent que cela renforcerait leur envie de recommander l’enseigne.
Ces résultats porteurs s’accompagnent toutefois d’une condition non négligeable. 86 % des Français considèrent que ces outils ne doivent pas être imposés, et 64 % y voient un complément aux vendeurs, et non un substitut. Le magasin intelligent que les consommateurs appellent de leurs vœux n’est pas un espace déshumanisé peuplé d’écrans et de robots. Il s’agit plutôt d’un environnement où la technologie fluidifie, informe et personnalise, sans pour autant prendre le pas sur la relation humaine. Pour les enseignes, le message est clair : l’outil n’est acceptable que s’il est au service du client.

